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5 Women on Monetizing Creativity

5 years ago by

J’ai proposé cet article de façon assez égoïste parce… eh bien, je suis vraiment curieuse ! Ce n’est pas le meilleur moment pour vivre de sa créativité. Et je me suis donc dit que ce serait la parfaite occasion de demander à un groupe de femmes cools et créatives que j’admire comment elles y arrivent. On dirait qu’elles ont vraiment tout compris.

Elles ont poursuivi des carrières dans des domaines très différents mais elles ont toutes un point commun : une approche réfléchie de la créativité, l’innovation, l’artisanat et… du business.

Et même si les personnes créatives sont connues pour se servir surtout de la partie droite de leur cerveau, je me suis rendu compte qu’il est impossible de s’en sortir sans faire travailler aussi un peu la partie gauche du cerveau dédiée à la pensée analytique.

Pour partager nos connaissances et l’amour de ces talentueuses filles créatives, nous leur avons posés quelques questions.

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Julie Houts | Illustratrice

Comment as-tu commencé à vendre tes illustrations ?

Je travaillais à temps complet à un poste de créatrice de vêtements pour femmes chez J.Crew depuis sept ans. J’ai toujours fait de petites illustrations en plus, juste pour m’amuser, avec un tout petit groupe de followers sur Instagram. Ce n’était qu’un passe-temps, une occupation pendant ma pause déjeuner. J’ai commencé à avoir de très petites commandes d’illustrations grâce à mes posts sur Instagram. Je ne savais pas trop quelle somme demander et je ne m’en préoccupais pas trop parce que j’avais un job à temps complet qui me payait un salaire raisonnable et me permettait de vivre.

Mon compte Instagram a fini par attirer un nombre bien plus élevé de followers, et j’ai reçu des commandes plus importantes d’illustrations. J’ai aussi signé un contrat pour un livre. C’est à cette époque que j’ai décidé de quitter mon poste chez J.Crew et de trouver une agence spécialisée dans l’illustration pour me représenter. J’ai tout de suite compris que je ne pourrais pas subsister avec seulement des commandes de clients. J’ai eu l’idée de vendre des affiches de mes travaux, mais ça me semblait vraiment impossible à faire. Je ne savais pas par où par commencer (les choses qui ont trait à l’argent, l’organisation, la logistique ou l’auto-promotion ne sont pas vraiment mes points forts. C’est ironiquement quasiment tout ce que je fais aujourd’hui). Ma sainte de meilleure amie, Madeline, très organisée et passionnée de logistique, m’a aidée à créer un site internet et à comprendre comment faire pour y vendre des affiches de mes travaux. Elle gère encore mon “studio”.

Quel a été le moment déclencheur qui t’a permis de quitter ton travail à temps complet pour poursuivre l’illustration de manière professionnelle ? Comment as-tu fait pour t’habituer ?

Je crois que c’était le fait de signer un contrat pour un livre, avec quelques jobs bien plus profonds et importants. J’ai commencé à me sentir débordée, je n’arrivais pas à trouver d’équilibre entre mon job à plein temps et cette occupation en plus qui commençait à prendre de l’élan. Et en même temps, je me sentais un peu bloquée dans mon poste à temps plein. J’avais cette impression de “quand, si ce n’est pas maintenant ?” Je ne pensais pas que je retrouverais un jour le même élan pour me pousser à devenir freelance.

Avec le recul, je suis heureuse d’avoir franchi le pas mais parfois, ça été vraiment la merde (désolée). J’avais besoin (et je continue à en avoir besoin) d’apprendre tant de choses par moi-même. Ce qui a trait aux impôts, au budget, à la gestion du travail, l’assurance santé, les salaires, les factures, ma propre angoisse, et puis aussi les impôts ? Ah, et puis je voudrais ajouter aussi, les IMPÔTS. Et aussi, les IMPÔTS.

Ça me semble drôle et étrange qu’on me demande souvent conseil pour des articles sur les femmes qui “ont tout compris”. Je ne comprends toujours pas vraiment ce que je fais – 80% du temps, j’ai l’impression que je vais me planter pour toutes sortes de raisons. Je ne pourrais jamais assez le répéter : je n’ai pas l’impression d’avoir du succès ou d’avoir tout compris. Et c’est sans doute le moment où je devrais dire “ mais pour finir, ça en valait la peine !” Mais pour être honnête, qui sait ? Je vais continuer à faire ça jusqu’à ce que ça m’explose à la figure et que j’aie besoin de retourner manger des salades dans un bureau (ce n’était pas si mal, non ? Ou peut-être que si… ?). Ou bien jusqu’à ce que je sautille jusqu’à un musée par un beau mardi ensoleillé en mangeant de la glace, avec plein de dollars sur mon compte en banque et pas un souci en tête. Et à ce moment-là, je pourrais clairement regarder en arrière et vous dire que oui, j’ai RÉUSSI, et ça en VAUT LA PEINE !

Désolée, quelle était la question ?

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LaTonya Yvette | Ecrivaine

Tu as commencé ta carrière en tant que styliste avant de lancer ton blog, comme un projet personnel. Il s’est transformé en site de lifestyle et maintenant en livre (Woman of Color)! Quelle vision avais-tu de la relation entre l’épanouissement créatif et les objectifs commerciaux à chacune de ces étapes ?

Un des avantages de ces différentes étapes et “rôles”, c’est que je n’ai jamais vraiment eu de but fixe.

Ce n’est que quand j’ai commencé mon site de lifestyle que j’ai pu unir ma vie en tant que styliste, écrivaine et mère. Selon moi, c’était le projet le plus tourné vers un objectif, mais ça tenait vraiment à la vision de mon identité dans un nouveau contexte… la maternité.

Après m’être occupée pendant si longtemps du site, je me suis rendu compte que, même s’il se transformait en carrière, c’était aussi très créatif ! Ce qui est surprenant – on nous dit souvent qu’on ne peut pas être créatif et avoir une carrière. Mais c’est un des privilèges du monde dans lequel nous vivons. Les jeunes femmes peuvent parfaitement réussir à devenir des entrepreneures, des mères et des écrivaines.

Quand je suis créative, je me sens personnellement heureuse ; et par conséquent, j’arrive à gérer les détails ennuyeux et stressants liés au fait de m’occuper d’une entreprise à succès qui me permet d’entretenir ma petite famille.

Depuis que le fait de gérer des projets créatifs est devenu ton job à temps complet, comment fais-tu pour rester inspirée et créer un contenu authentique ?

Ça fait très longtemps que je dis que je suis inspirée par les gens mais je crois que je suis tout autant inspirée par le fait d’être présente dans toutes les phases de ma vie. Si on fait attention aux choses qui se produisent, si vous les laissez se produire, si vous les vivez vraiment, alors il y a une certaine magie qui se produit (pendant et après).

C’est comme se tenir debout dans l’eau pendant un moment. Je ne sais pas nager mais, quand je me tiens debout, je peux sentir mes pieds bouger dans le sable, les vagues toucher différentes parties de mon corps. Je peux aussi entendre certaines choses. Oui, je suis nerveuse et terrifiée – après tout, je ne sais pas nager. Mais si vous acceptez les choses pendant un moment, la peur bouge naturellement autour de vous.

Et je crois que c’était le début de WOMAN OF COLOR. Je n’avais jamais eu l’intention de devenir écrivaine, je ne pensais pas avoir une “histoire à partager”. Mais ça s’est produit avec le temps – parce que je prenais des notes et que j’étais attentive…

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Tanya Taylor | Créatrice de mode

Ton travail de designer est axé sur les imprimés vifs/les couleurs et il y a une vraie impression d’optimisme qui se dégage de tes collections. Comment as-tu réussi à cultiver cette joie et à la laisser aussi conduire la partie business de ton travail ?

Quand j’ai lancé cette entreprise, j’ai décidé que l’optimisme serait un des éléments essentiels de l’ADN de la marque. L’optimisme est un état d’esprit, j’ai décidé de m’en servir comme outil pour avancer face à un obstacle. Je ne m’étends pas sur les erreurs ou les opportunités manquées, et je me suis engagée à toujours chercher une solution et à avancer. Cela permet de construire une culture d’entreprise autour d’une manière de penser optimiste, ce qui conduit à un sens de la collaboration et de l’engagement, et laisse de la place pour une incroyable créativité.

La chose la plus importante que tu as apprise en transformant ton loisir créatif en aventure business ?

La chose la plus importante que j’ai apprise, c’est à quel point il est crucial de bien communiquer sa vision aux équipes et aux clients. Parfois, la créativité et la communication ne cohabitent pas naturellement et cela demande beaucoup d’effort d’être vulnérable et de convaincre les gens de croire en vos idées. Mais pour avoir vraiment du succès, il est non seulement indispensable que tout le monde comprenne la vision, mais aussi que chacun y croie.

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Tala Mortada | Directrice artistique & DJ

Ton travail traditionnel et les activités que tu mènes en parallèle utilisent tous l’énergie créative. Comment arrives-tu à avoir un équilibre sans souffrir d’un burnout créatif ?

Pour mon job traditionnel, je gère un studio créatif expérientiel (Clap Clap Studio), en plus de la partie créative de nos clubs (The Grand Factory et AHM) et de nos évènements. A côté, je fais la DJ dans nos clubs, tout en gardant un oeil sur les installations et les opérations. J’ai aussi pris un job de consultante à Berlin pour une super plateforme de tech et d’innovation appelée Factory Berlin. Voyager entre Beyrouth et Berlin tout en travaillant jour et nuit, la semaine et le weekend, ça n’est clairement pas facile !

Pour réussir à trouver un équilibre – particulièrement quand je veux être impliquée dans tout -, je choisis mes batailles à l’intérieur de mes différents mondes créatifs. Il m’a fallu du temps pour connaître mes points forts, mais à partir de là, j’ai su quand j’avais besoin de m’investir complètement et quand il fallait diriger et déléguer, quand il fallait nouer des partenariats avec des associés et des talents puissants, et quand refuser de nouvelles opportunités.

Qu’est-ce qui continue à t’inspirer pour créer ?

Je vis dans un petit pays, cerné par la tourmente et un contexte sociopolitique et économique difficile. Ici, le design et la musique alternative sont des industries relativement jeunes et les artistes ont soif d’inspiration, de culture et d’épanouissement créatif. Nous avons besoin de voyager pour nous y exposer.

Mon équipe et moi dirigeons les deux plus gros clubs de musiques alternatives du pays. Nous faisons venir toutes les semaines des musiciens et des artistes du monde entier, nous accueillons des ateliers et des compétitions pour aider les talents locaux à grandir et nous créons des activations sociales dans nos locaux pour faire éclore la pensée et l’action positive.

La conscience que par notre travail, nous avons la responsabilité d’inspirer, d’encourager les jeunes créatifs, de leur permettre de passer à l’étape au-dessus et de suivre leur passion, voilà ce qui continue à m’inspirer pour créer. C’est ce qui donne de la valeur à nos passions, malgré toutes les difficultés.

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Laura Rubin | Ecrivaine & experte en journaling

Tu as créé un processus pour aider ta propre créativité. Maintenant, il soutient aussi les processus créatifs des autres. Comment as-tu réussi à comprendre que cette chose que tu as créée, qui te rendait heureuse, pouvait se transformer en une aventure commerciale lucrative ?

A vrai dire, je n’ai pas lancé AllSwell en pensant que cela générerait des revenus. J’espérais simplement pouvoir couvrir les coûts, peut-être légèrement plus, mais tout a vraiment commencé par passion.

AllSwell est né d’un désir authentique d’offrir un produit qui aiderait les gens à devenir plus lié à leur créativité et plus inspiré. Mais le marché m’a montré que j’avais produit une chose pour laquelle il y avait un vrai besoin : mes deux premières impressions se sont très vite écoulées. C’est là que j’ai compris qu’il y avait une plus grosse opportunité.

A l’époque, je dirigeais Left Left Right, la boutique de marketing et de communication que j’avais fondée dix ans auparavant ; c’était un processus plutôt naturel. Mais j’ai prêté attention à ce que me disait le marché. Je suis arrivée avec des produits et des expériences pour servir les besoins que je pensais que le public aurait. Je me suis fondée à la fois sur la montée des technologies personnelles et la prévalence des réseaux sociaux. Je savais qu’il y avait un monde où nous aurions besoin d’un antidote et que, quand les éponges digitales des clients seraient pleines, je serais là pour les aider à les presser.

Meilleur conseil pour quelqu’un qui cherche à faire carrière de sa créativité ?

Si vous cherchez à changer de carrière, je vous conseille plutôt d’y aller peu à peu plutôt que de plonger d’un coup dans le grand bain. Il faut faire la transition par étapes pour que les enjeux ne soient pas trop importants. Il faut commencer petit, tester le marché, poser beaucoup de questions, apprendre. Puis grandir un peu, puis un peu plus en s’appuyant sur les réponses reçues. Ça n’a pas besoin d’être une situation du genre “tout ou rien”. Plutôt que de dépendre de cette nouvelle direction professionnelle pour payer son hypothèque, il vaut mieux que ce soit une exploration qu’on apprécie tout en traçant la voie pour le futur.

Si vous en êtes tout juste au début de votre carrière, alors je vous conseille vivement d’assister quelqu’un dans le domaine que vous avez envie d’explorer. Ça coûte cher de faire des erreurs sur son propre budget, donc il vaut mieux apprendre les secrets auprès d’une personne/marque/entreprise que vous respectez créativement, voir de l’intérieur comment ça se passe. Et au passage, continuez à produire votre propre travail. Quand ce sera l’heure de s’éloigner de ce second rôle, vous aurez acquis suffisamment de connaissance, de contacts et d’expérience. C’est un vrai accélérateur de carrière.

6 comments

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  • C’est marrant le sujet de ce post, alors que cela fait 15 ans que l’on suit Garance, qui est justement LA femme qui a réussi à transformer sa créativité en success story. :)

  • Mariateresa 25 avril 2019, 12:29 / Répondre

    BRAVISSIME!!!

  • This was written for me! :) I’m making a leap now to try and live off my creativity and it’s both exhilarating and scary. I wish I did it earlier instead of staying in my respectable, safe job and cry every Sunday evening.
    Ana
    http://www.saschaandtheboys.com

  • Julie Houts made me laugh so hard with her honest and witty comments. At least she’s making it some with humor!

  • Yes, yes and yes! As a creative, in the midst of figuring out life outside of a job description – love, love, love hearing these inspiring voices! Thank you for this!

  • Hi Atelier Doré! I was researching on this topic, so funny you published an article at that same moment! I am a creative entrepreneur myself, and I am looking for expanders in this field, and especially business strategies dedicated to creative businesses. Would you have any books you would recommend to read on this matter? Many thanks!

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