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Studio Visit / Maria Cornejo

5 years ago by

Photos Anna Wolf

Maria Cornejo connaît le métier. Depuis la fin des années 90, quand elle a ouvert son atelier à Nolita, elle s’est concentrée avec sa marque sur des valeurs de base que beaucoup d’autres maisons de mode ont encore du mal à comprendre en 2019. Depuis le début, Zero + Maria Cornejo veut redonner du pouvoir aux femmes grâce à un luxe accessible et portable, de manière responsable.

Maria est membre fondatrice du comité pour le développement durable CFDA et elle s’est engagée depuis longtemps à produire sur place et à avoir des créations responsables. Elle a en conséquence inspiré et catalysé de nombreux débats sur le changement dans l’industrie de la mode aux États-Unis.

Puisque c’est le mois du Renouveau à l’Atelier, j’ai pensé qu’elle serait la parfaite interlocutrice. Anna et moi sommes allées dans son studio il y a quelques semaines pour parler de son style et de son processus de travail, et prendre quelques photos. Retrouvez notre conversation ci-dessous…

atelier dore studio visit maria cornejo

Décris ton style en trois mots ou phrases.

Jeune, moderne, intemporel.

Ta tenue ou ton uniforme idéal ?

Une combinaison.

D’après toi, en tant que designer, que veulent porter les femmes modernes aujourd’hui ? A quoi font-elles attention ?

Je crois que nous voulons nous sentir forte et à l’aise. On veut presque oublier ce qu’on porte. Se sentir comme si on ne portait rien. Comme si, pour être plus précise, on se sentait si bien qu’on ne pensait pas à nos vêtements. Il faut mettre en valeur les femmes et leur donner du pouvoir.

Penses-tu que la marque reflète ton style personnel ? Est-ce qu’elle t’influence ? Ou est-elle influencée par toi ?

Je crois que la marque – c’est moi. C’est mon influence parce que je l’ai créée dès le début, c’est ma vision des choses qui a créé la marque, tu vois ? Et bien sûr, tout le monde aide à la faire évoluer mais le coeur et le centre de la marque datent de ce début, c’est ce sur quoi elle s’appuie.

Sur quels principes de base la marque a-t-elle été fondée au début ?

Produire localement, faire des vêtements qui soient intéressants et flatteurs, se concentrer sur les femmes qui travaillent dans les arts, donner du pouvoir aux femmes, soutenir la communauté et le développement durable. Avec les années, avec les successions de différentes équipes, certaines choses sont oubliées et je crois que c’est toujours bien de rassembler encore tout le monde autour de ces mêmes concepts pour se concentrer à nouveau dessus. Parce que, après 20 ans, en se développant, certaines choses changent. Tout le monde apporte quelque chose, mais la marque est née de ces idéaux.

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En parlant de production locale et de conscience aiguë du développement durable depuis le début… quelle est pour toi la définition de vêtements responsables ?

Cela signifie prêter attention à la planète, à la société, à l’écologie. Éliminer des processus, éliminer le gaspillage, produire de manière verticale. Je ne comprends pas pourquoi il faudrait faire venir un tissu d’Italie ou du Japon à un autre endroit pour la production. Je crois que cette attitude produit beaucoup de gaspillage. J’ai travaillé pour de grandes entreprises donc je sais ce qui se passe. Nous essayons de limiter nos processus au strict minimum et nous faisons tout localement. 85 % de notre collection est encore produite à New York.

Waouh. C’est incroyable. Je sais que le jean est très important pour toi en ce moment – est-ce que tu utilises du jean bio ?

Oui, je trouve que c’est une manière de ramener la collection vers ses racines. Pour moi, quand j’ai commencé à faire des vêtements, je voulais des vêtements intéressants qui soient portables au quotidien. Je travaillais dans la mode, je ne voulais pas porter du Gap. Mais je venais juste d’avoir deux enfants donc je voulais pouvoir courir partout, je ne voulais pas de tenue ennuyeuse. Je crois qu’on peut avoir des vêtements intéressants et être quand même à l’aise. C’est simplement qu’il faut avoir des vêtements adaptés à son mode de vie, qu’on peut porter tous les jours. Je ne suis pas une grande partisane des choses qu’on ne porte qu’une fois, vous savez, ces vêtements dans lesquels on se fait prendre en photo une fois avant de les jeter, ou les robes de soirée qui coûtent $10 000 et qu’on ne reporte jamais. Je trouve que c’est du gaspillage.

J’espère que mes vêtements semblent intemporels. Selon moi, ils feront de belles pièces vintage, ils seront transmis à quelqu’un qui les utilisera. Ils ne sont pas jetables. Les tissus sont de très bonne qualité.

C’est drôle de penser qu’on fabrique du beau vintage… C’est cool…

C’est amusant parce que je me surprends à chercher l’inspiration dans mes propres archives. Parfois, j’arrive au bureau avec une certaine tenue et les filles sont là “qu’est-ce que c’est ?” et je réponds “vous le savez…”

C’est du Maria Cornejo vintage !

Oui ! Je crée des vêtements depuis que j’ai 21 ans, c’était il y a 35 ans, donc ça fait un moment…

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Tu as ouvert en 1998 ? L’industrie a clairement beaucoup changé depuis. D’après toi, comment a-t-elle changé ? Qu’est-ce qui t’enthousiasme ? Qu’est-ce qui ne t’enthousiasme pas ?

Quand je me suis lancée, on avait le choix entre des vêtements très chers, et Gap ou bien Club Monaco. Maintenant, il y a H&M, COS, Forever 21, beaucoup de fast fashion. Je crois qu’il y a un peu trop de tout, mais je crois que c’est le cas dans toutes les industries, pas seulement la mode. Que ce soit la musique, le maquillage ou même les soins pour la peau – il y a à peu près 20 millions de marques de soins pour la peau en ce moment. On dirait qu’internet a boosté tout le monde aux stéroïdes, au point que les gens ne savent plus quoi acheter parce qu’il y a trop de choix. A moins d’être vraiment différente, beaucoup de ces marques ne vont pas survivre – il y en a tant qui luttent pour attirer l’attention. C’est pour ça que les marques accordent plus d’importance à leur communication qu’à la qualité pour se faire remarquer.

Penses-tu qu’il va y avoir une réaction dans le sens inverse ?

Je crois que c’est déjà le cas. Je vois la manière dont mon fils voit les choses, la manière dont les gens plus jeunes voient les choses. Ils sélectionnent beaucoup plus et ils ne veulent pas acheter trop de choses, il ne sont pas dans cette attitude du jetable. Beaucoup de magasins le voient dans le retail, les gens consomment moins et font plus attention. Selon moi, c’est une bonne chose, les gens devraient acheter les choses qu’ils aiment vraiment, celles qu’ils vont porter sans cesse, pas seulement ce qui est en solde. Il y a une vraie tendance “touche à tout/bon à rien en ce moment” qui fait un peu peur.

Qu’est-ce qui est le plus important pour toi : le confort, la beauté ou l’innovation ?

Pour moi, tout est lié. L’innovation est importante mais si ce n’est pas porté, si ce n’est pas agréable, ça ne sert à rien. Il faut que ça soit agréable, que ça soit porté. Je crois qu’un vêtement n’est pas réussi s’il est juste là dans un placard. Il faut qu’il soit agréable et donne des forces à la femme qui le porte.

Quel style admires-tu ? As-tu des figures de référence ?

Honnêtement, c’est dur de ne choisir qu’une seule personne. Quand j’étais jeune, à la fac, j’étais très inspirée par Rei Kawakubo et Vivienne Westwood. Deux créatrices. C’est dur à dire, je trouve l’inspiration dans l’architecture, dans l’art. Nos clientes m’inspirent parce qu’elles font des choses géniales en portant nos vêtements. Je répète toujours que les vêtements ont des vies très intéressantes… Si les vêtements pouvaient parler, ils auraient beaucoup d’histoires à raconter.

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